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Médias sociaux : du FOMO au JOMO

19 décembre 2013 La vie des Médias 0 Écrit par pborderie

FOMO JOMO

Faut-il encore présenter l’addiction aux réseaux sociaux ? Car plus qu’une simple dépendance, c’est un réel syndrome de société. Face à ces addictions, un terme est apparu : le FOMO (Fear of Missing Out) soit la peur de rater quelque chose. Parallèlement, des mouvements de contre-culture sont nés où le but n’est plus d’être présent partout mais plutôt nulle part. En clair, délaisser cette vie virtuelle au profit des « choses simples ». C’est ce qu’on appelle le JOMO (Joy of Missing Out).  Alors après l’engouement de ces dernières années pour les médias sociaux, assiste-t-on à une nouvelle révolution, celle de l’ « anti 2.0 » ?

FOMO/JOMO késako ?

Si vous êtes constamment suspendu à votre smartphone, que vos profils sociaux sont actualisés plusieurs fois par heure, que vous pratiquez le second écran, qu’en bref votre smartphone est un peu comme un nouveau membre de votre famille, alors vous faites partie de la génération FOMO. D’abord utilisé dans les années 1980 dans le cadre familial, Caterina Fake co-fondatrice de Flickr, a remis ce terme au goût du jour pour désigner dans l’ère digitale la peur de passer à côté d’une information capitale.

En réponse à cet « esclavagisme de l’information », et pour dénoncer l’angoisse que génère le FOMO, le blogueur Anil Dash définit sur son blog un nouveau terme : le JOMO. Comment de simples applications peuvent-elles impacter les sentiments les plus propres de la condition humaine ? Le JOMO prône donc une idéologie selon laquelle nous devons reprendre le contrôle sur notre véritable lien social,  jouir de plaisirs simples comme passer du temps en famille et surtout se retrouver soi-même.

Du FOMO au JOMO, il n’y a qu’un pas

« Nous sommes immatures par rapport à la technologie. Comme nous n’avons pas encore de culture suffisante pour l’appréhender, nous tombons parfois dans l’excès » constate le psychologue et psychothérapeute Jean-Charles Nayebi. Et c’est cet excès qui induit l’addiction.

Cependant, même si nous n’avons pas les chiffres exacts (Facebook ne communique pas sur le nombre de comptes fermés), une tendance se dessine: celle des « suspended or deleted accounts ». Une étude menée par des chercheurs de l’Université Cornell montre que sur 410 individus, 1/3 aurait suspendu ou supprimé leur compte perso. Cette étude, bien que controversée car uniquement réalisée sur un échantillon de jeunes, révèle une nouvelle évolution.

Ce mouvement va même plus loin puisque de nombreuses entreprises surfent désormais sur cette « détox numérique ». A l’instar des camps de déconnexion qui se multiplient, des journées sans smartphone, des zones de brouilleur et même des évènements « Unplugged » (comprenez « sans internet ») se développent. Le JOMO  n’a jamais été aussi hype.

Médias sociaux : vers de nouveaux usages

Cependant, ce débat doit être nuancé. Certes, on assiste à un recul des médias sociaux traditionnels, mais souvent au profit de nouvelles plateformes et de nouveaux usages.

Snapchat, par exemple, est une application qui permet d’envoyer des photos qui s’autodétruisent après quelques secondes. Très prisé d’abord par les adolescents, ce phénomène s’étend désormais aux marques qui y trouvent un réel intérêt pour des offres de couponing éphémères. Dans le même registre, Whisper, « chuchotement » en anglais est une application qui vous permet de partager des secrets anonymement. Quasi-inconnue en France, Whisper revendique déjà 2,5 milliards de pages vues par mois et emploie 55 modérateurs aux Philippines.

Cette migration vers de nouveaux espaces est-elle le signe d’un ras le bol ou juste d’un besoin de renouveau face à des utilisateurs toujours plus avides de nouvelles expériences ? En tout cas, à l’heure du « tout-connecté », ces nouveaux réseaux reposent sur une promesse que l’on croyait intenable il y a encore quelques mois : le droit à l’oubli.

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