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Réseaux sociaux : du FOMO au JOMO au JOHO ?

13 mai 2014 La vie des Médias 0 Écrit par admin

La façon dont nous communiquons a considérablement changé. Là où autrefois nos prédécesseurs utilisaient les pigeons voyageurs comme moyen de communication, le simple fait de mettre plus de quelques minutes à transmettre un message aujourd’hui nous donnerait des sueurs froides. Il est évident que nous vivons dans l’ère la plus connectée, conséquence directe de l’apogée des réseaux sociaux. Et même si ces derniers font désormais partie intégrante de nos vies, cela n’a pas toujours été facile…

Nous avons consommé les réseaux sociaux comme les enfants consomment les bonbons. On partageait toute notre vie, sur Facebook d’abord, puis Twitter, Instagram… Et nous avons tous à un moment ou a un autre ressenti un manque, voire une angoisse à l’idée de rater la dernière mise à jour : le FOMO (Fear of Missing Out).

Mais le concept du FOMO n’est pas nouveau. Comme nous l’évoquions dans le post consacré à la mutation des usages sur les réseaux sociaux (cliquez ici), il a d’abord été introduit dans les années 80 pour décrire la peur de rater un évènement important avec ses proches. Plus tard, Caterina Fake, co-fondatrice de Flickr, a adapté ce terme à l’ère digitale et la peur des individus de rater quelque chose lorsqu’ils ne sont pas connectés.

Puis, nous avons mûri dans notre utilisation des réseaux sociaux et avons enterré l’âge que l’on pourrait qualifier d’adolescence. Nous étions alors « trop branchés » pour nous connecter, « trop branchés » pour nous occuper des affaires des autres. Nos divers comptes ont été supprimés ou suspendus et nous avons commencé à jouir du JOMO (Joy of Missing Out). Le JOMO étant considéré comme la période de “détox” qui fait suite au stress que génère l’addiction aux réseaux sociaux. Déserter la vie digitale, au profit des choses simples de la vie jusqu’alors oubliées.

Cependant, en dépit de cet apaisement, le JOMO n’est pas un modèle réaliste dans ce monde « over-connected ». Nous entrons désormais dans une nouvelle phase : The Joy of Hiding Out (JOHO), que l’on pourrait qualifier de phase de maturité. Nous limitons notre consommation d’informations sur les réseaux sociaux, nous sélectionnions ces réseaux et, le plus important, nous limitons notre empreinte. Comme l’explique Chris Hoffmann, du site MakeUseOf : « De nombreux utilisateurs semblent s’éloigner de la tendance du tout-partage sous leurs noms, et empruntent désormais un pseudonyme, comme il pouvait exister autrefois sur MSN Messenger».

La montée en puissance des réseaux sociaux de niche, qui permettent notamment des interactions privées entre utilisateurs, est l’illustration même de l’adoption du JOHO. Whatsapp, le service de messages privés, aurait acquis 25 millions d’utilisateurs par mois depuis que Facebook l’a racheté en Février. Et alors que Snapchat, l’application de partage de photos « furtives », à priori destinée aux adolescents, poursuit son succès, le phénomène s’étend désormais aux marques qui trouvent leur intérêt dans ces « petits encas » d’information.

Avec toujours plus d’adeptes, le JOHO pose de nouvelles problématiques intéressantes aux entreprises. Comment peuvent-elles adapter leur communication sur ces nouveaux réseaux, et plus loin encore, comment peuvent-elles toucher les publics à priori non intéressés par des communications de marque intrusives ? Il n’y a pas de réponse simple mais une chose est certaine : Dans une ère soit disant de « déconnexion digitale » nous n’avons jamais été plus connectés. Chacun le fait, c’est juste que plus personne n’en parle.

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