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Social Week Report: Révolution virale à Ferguson

5 décembre 2014 Social Week Report 0 Écrit par elhoste

Cette semaine, gros plan sur les événements de Ferguson depuis le prisme de la Twittosphère, l’image de Facebook en berne en France, et la belle progression de Pinterest dans l’Hexagone.

Révolution virale à Ferguson

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Brocardés ou au contraire adoubés, les médias sociaux sont directement pointés du doigt pour leur rôle central dans les événements liés à la mort d’un jeune garçon afro-américain, Michael Brown, dans la ville américaine de Ferguson. Depuis le mois d’août et le décès du jeune homme sous les balles d’un policier, les réseaux sociaux ont été pris d’assaut, à la fois catalyseurs de mobilisation, de débats, mais aussi de haine, de violence et de rumeurs. Sur Twitter en particulier, les citoyens du monde entier sont devenus à la fois observateurs et partie prenante.

Du côté des critiques, on accuse les réseaux sociaux de nourrir les tensions et de contribuer à la violence. Les propos tenus par le procureur Robert McCulloch le lundi 24 novembre sont à cet égard symptomatiques. « Le plus grand défi que nous avons rencontré pendant cette enquête est né du cycle de l’information en continu, et de son appétit insatiable pour avoir toujours quelque chose à dire, (…) suivi de près par les rumeurs incessantes diffusées sur les réseaux sociaux », a-t-il regretté lors d’une conférence de presse tenue après l’annonce du non-lieu accordé à Darren Wilson, le policier blanc qui a tué Michael Brown. Des propos qui n’ont pas manqué de déclencher une vague d’indignation parmi les socionautes, s’insurgeant contre le rôle de bouc émissaire assigné une fois de plus aux réseaux sociaux.

Ce qui est certain, c’est que la Twittosphère s’est emparée de l’affaire Brown dès les premiers jours, au mois d’août. Suite à l’annonce de Robert McCulloch en novembre, ce sont plus de 3,5 millions de tweets qui ont été échangés sur le sujet en quelques heures seulement. Depuis le terrain des différentes manifestations à travers le pays, journalistes et apprentis reporters ont live-tweeté massivement, devançant largement la couverture des médias traditionnels.

ferguson2Le cri de ralliement des manifestants est même devenu un succès sous forme de hashtag, repris des milliers de fois sur Twitter. Accompagnés du leitmotiv #HandsUpDontShoot, des centaines de clichés ont été postés en signe de solidarité, des joueurs de la franchise de football américain des Saint-Louis Rams, qui sont entrés sur la pelouse les mains levées, au député démocrate de New York Hakeem Jeffries, qui a levé les mains alors qu’il s’exprimait cette semaine à la Chambre des représentants des États-Unis. Virales également, les différentes vidéos ou photos montrant des policier surarmés face aux manifestants.

Le potentiel immense des réseaux sociaux pour mobiliser, diffuser et dénoncer n’est pas une nouveauté, et les événements liés à la tragédie de Ferguson n’en sont qu’une nouvelle illustration, remarquable surtout par sa résonance internationale, le volume de tweets postés sur le sujet et les enjeux de société soulevés.

La statisticienne Emma Pierson propose justement une lecture plus sociétale des événements, s’appuyant sur l’analyse de quelque 200 000 tweets en rapport avec les événements de Ferguson. Une modélisation graphique de son travail montre clairement de profondes divisions entre les tweetos, et surtout le peu d’interaction entre deux camps aux antipodes socialement, racialement et politiquement. Du coup, difficile de voir Twitter comme un média encourageant le débat, alors que les deux groupes se sont soit franchement ignorés, soit carrément insultés. En fait, au-delà de sa capacité indéniable à mobiliser, l’utilisation qui a été faite de Twitter pendant ces événements est le reflet parfait de la théorie des « echos chambers » (chambres d’échos)[1] : plus le monde se détache des modes d’informations traditionnels pour se diriger vers d’autres médias, dont les réseaux sociaux, plus le champ de vision de tout un chacun diminue.

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Google préféré à Facebook par les Français

Si les Français ont pleinement intégré Facebook dans leur vie quotidienne, ils sont plus mesurés quand il s’agit de donner leur opinion sur le réseau social. Ainsi, 58% des Français sondés par BVA pour Fabernovel ont déclaré ne pas avoir une bonne image de Facebook, alors qu’ils sont 81% à adouber Google malgré sa politique de confidentialité souvent décriée. Ils sont même 39% à avoir carrément une mauvaise image du réseau. Alors comment expliquer ce déficit de popularité ? Selon Erwan Lestrohan, directeur d’études chez BVA, c’est surtout la nature des informations échangées sur le réseau qui explique cette relative défiance. Plus les Français y partagent des données intimes, moins ils sont prêts à accorder aveuglément leur confiance. Les deux derniers GAFA, Apple et Amazon, récoltent respectivement 69 et 65% d’opinions favorables.

Les Français épinglés par Pinterest

PVous aimez l’art et la déco ? C’est normal, vous êtes Français. C’est en tout cas le point de vue de Don Faul, directeur des opérations de Pinterest, le réseau social de partage de photographies. L’intérêt des Français pour ces deux thématiques, omniprésentes sur le réseau américain, expliquerait selon lui la très bonne performance de Pinterest dans l’Hexagone : sur les 12 derniers mois, le nombre d’utilisateurs français aurait ainsi triplé. Impossible d’obtenir des données chiffrées plus précises, mais comScore estime le nombre d’utilisateurs de Pinterest dans le monde à 70 millions. Pour l’heure, le grand défi de l’entreprise est de diversifier le profil de ses utilisateurs, composés à une très large majorité de femmes. Avant d’enclencher, comme aux États-Unis, sa stratégie de monétisation qui verra l’intégration de campagnes publicitaires directement dans les tableaux de bord des utilisateurs. De l’art et de la déco, on vous dit.

 

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[1] http://www.liberation.fr/monde/2014/11/26/ferguson-sur-twitter-les-etats-unis-se-divisent-entre-rouges-et-bleus_1151074

 

 

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