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Réseaux sociaux : entre bouleversement et continuité

17 mars 2015 Social Media 1 Écrit par elhoste

Voilà un livre qui donne matière à réfléchir… Dans un ouvrage de 450 pages à paraître le 17 mars, le journaliste américain Jacob Silverman décrypte comment l’utilisation des réseaux sociaux a profondément changé notre vie, nos habitudes et notre société, au quotidien. Socionaute addict ou Instagrammeur occasionnel, il est difficile de ne pas se retrouver, au moins en partie, dans le diagnostic de l’auteur de « Terms of Service: Social Media and the Price of Constant Connection ».

Selon le journaliste, l’exacerbation du narcissisme chez les individus est sans doute une des conséquences les plus palpables de l’ère du média social. Les statuts, géolocalisations et autres photos sont autant de preuves exposées au monde entier de l’existence de l’individu ou de sa présence à un endroit ou à un événement précis. Le partage sur les réseaux sociaux est ainsi devenu un signe de notre identité à part entière, et certaines de nos activités ne prennent même de sens que dans le contenu partageable qu’elles peuvent générer.

Les photos ont changé d’utilité : elles ne servent plus à se remémorer un moment passé, mais à communiquer avec les autres sur la réalité du moment présent. Elles nous permettent de nous approprier le vécu, et ainsi nous définissent bien plus qu’elles ne définissent le moment ou l’objet capturé. Les voyages deviennent aussi un moyen d’accumuler des photos. Nous sommes proches d’être devenus les touristes de notre propre vie, affirme Jacob Silverman.

Une nouvelle capacité a également fait son apparition : « l’œil Facebook », ou l’art d’analyser les moments vécus selon leur capacité à être transformés en posts sur les réseaux sociaux. On ne lit plus un livre pour le lire, mais pour dire qu’on l’a lu. De même, nous avons profondément modifié notre façon de communiquer : notre prose est réduite à 140 caractères pour s’adapter à Twitter, et nos statuts comprennent des hashtags, plus facilement repérables par les machines. La complexité de nos émotions est aussi impactée, car il faut se satisfaire du choix proposé par les émoticônes de Facebook pour les décrire.

Les réseaux sociaux ont également profondément altéré notre perception du temps. La visibilité d’un tweet est liée à un temps très court, et nous naviguons dans une temporalité toujours plus éphémère.

Faut-il pour autant se déconnecter ?

Ce n’est pas vraiment le propos de Jacob Silverman, qui préfère porter à notre attention ces changements majeurs et durables, sans pour autant se transformer en donneur de leçon. Il replace d’ailleurs les réseaux sociaux dans une certaine tradition de l’oralité. Il compare notamment les top trends de Twitter à une discussion de village, où les habitants se réunissent pour évoquer ensemble un même sujet. Mêmes échos du passé pour la construction des histoires sur le site de microblogging : un individu s’adresse à un large groupe de personnes, qui contribuent à façonner et modifier le récit par leurs interactions. Enfin, pour Jacob Silverman, la pratique des trolls – ces groupes de personnes qui se spécialisent dans la polémique digitale  – s’inscrit dans une forme de tribalité ancestrale.

À méditer pour une utilisation en pleine conscience du web 2.0…

Commentaires 1

  1. Sall /

    Very nice concept good

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