Thumbnail preview

L’hyperlien en voie de disparition ?

25 mai 2015 Social Media 0 Écrit par mdolle

Les hyperliens constituent la clé de voûte du web tel que nous le connaissons. Et pourtant de plus en plus d’acteurs semblent les contester. La raison ? Ils constitueraient un énième facteur de distraction dans le quotidien des internautes déjà sur-sollicités et par conséquent assez vagabonds. En guise de réflexion, nous vous proposons de faire le point sur ces acteurs qui ont décidé de les supprimer ou de repenser leur intégration.

Facebook et Google : fidéliser les communautés onsite

Le problème est loin d’être nouveau. C’est d’ailleurs le parti-pris de certains médias qui ont fait le choix de ne jamais proposer de liens externes dans leurs articles. Pour d’autres, plus flexibles, les liens sortants sont tolérés à condition qu’ils soient paramétrés de sorte qu’ils entrainent l’ouverture d’un nouvel onglet à chaque clic.

Pour Facebook, conserver son audience sur son site est devenu un enjeu de taille. Un des premiers dispositifs pour répondre à cette problématique a été la refonte du module vidéo permettant d’héberger directement des vidéos sur sa plateforme en utilisant l’auto-play.  Le deuxième dispositif porte un nom : Instant articles. De quoi s’agit-il ? Un nouveau service qui va permettre à la firme de Zuckerberg de supprimer une partie des liens sortants en hébergeant des articles de grands titres de presse directement sur sa plateforme. Cela permettra, par la même occasion, d’épurer l’expérience utilisateur en réduisant les temps de chargements.

C’est d’ailleurs suivant cette même logique de fidélisation de ses audiences sur son interface que l’infomédiaire Facebook travaille au lancement de son propre moteur de recherche qui viendra concurrencer Google, le leader en la matière. L’objectif affiché est toujours le même : conserver le maximum d’internautes le plus longtemps possible dans son walled garden ou en français, jardin privé, afin d’accroître le temps de connexion à ses propres services.

Il y a fort à parier que Facebook va multiplier ces dispositifs pour éviter toute fuite de ses audiences. Reste que ce dernier n’est pas qu’un réseau social mais un conglomérat social média qui regroupe de nombreuses marques comme Whatsapp et Instagram. La fidélisation va-t-elle passer par un jeu de liens entre ses différents services ? Cette approche ne serait pas dénuée de bon sens.

Google a d’ailleurs adopté cette solution à deux niveaux. D’une part, il a instauré de nombreuses passerelles entre ses services, avec notamment la possibilité d’administrer sa page Youtube depuis son compte G+. D’autre part, les liens au sein des vidéos ne peuvent pointer que vers le site de la marque (à condition de l’avoir au préalable identifié auprès de la marque de Larry Page) ou vers des services Google.

De Correspondent : l’hyperlien au sein d’un dispositif user centric

On pourrait, dans une certaine mesure, rapprocher ces dispositifs de ceux de la plateforme hollandaise de journalisme « De Correspondent »  qui affirme que les liens constituent un des phénomènes les plus dérangeants pendant la lecture et que, plus grave encore, ils donnent aux lecteurs une raison de quitter le site.

Au sein de cette plateforme, les liens classiques sont interdits car il s’agit de raconter des histoires du début à la fin, sans interruption. Cependant, l’éditeur du portail, Respondens, a développé  3 alternatives : la carte d’information, la note de marge et le lien à l’honneur.

  • Les cartes d’information ont pour objectif de traiter la possible ignorance du lecteur. Concrètement cela prend la forme d’un indicateur – fermé par défaut – pointé sur un nom ou sur un mot. Le lecteur a ainsi le choix de sauter l’indicateur s’il dispose des connaissances nécessaires ou au contraire de le consulter pour obtenir plus d’informations. Le tout, sans que l’œil soit détourné du paragraphe en question ou, plus généralement, de l’article.
  • A l’origine, les liens sortants au sein des articles ont pour objectif de fournir des informations additionnelles. Or, bien souvent, le lecteur doit deviner ce vers quoi le lien va renvoyer. Avec la note de marge, ce problème est résolu. Il s’agit de rajouter, à droite de l’article, un petit carré de contexte avec un lien qui pointe vers l’extérieur mais qui spécifie clairement vers quel site et vers quel contenu il renvoie (le titre et la première phrase d’introduction).
  • Enfin, le lien à l’honneur permet de résoudre la problématique des liens prématurés, c’est-à-dire des liens utiles mais qui arrivent dans le texte avant que tout l’argumentaire n’ait été complètement développé. Exemple : un article qui recommande un festival de musique et qui met le lien vers ce festival avant que le lecteur ait pu lire en détail ce que propose ce festival. Ces liens à l’honneur sont placés en bas d’article et prennent donc tout leur sens.

Que faut-il en retenir ? L’expérience utilisateur doit être au centre de toutes les attentions afin d’offrir la meilleure lisibilité et accessibilité à ses contenus. Sur  le web, les maîtres mots sont simplicité, cohérence et contexte. Sans oublier la créativité pour se démarquer, surprendre et susciter l’intérêt.

 

Laisser un message

Combien font 9 + 9 =