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Social Week Report – 7 août

7 août 2015 Social Week Report 0 Écrit par elhoste

Au cœur de l’été, le Social Week Report met en vedette Pinterest, LinkedIn et Snapchat ! Quand LinkedIn publie des résultats jugés décevants par les marchés, Snapchat anticipe un quadruplement de son chiffre d’affaires en 2016. Chez Pinterest, on amorce le grand bouleversement de la diversité, en espérant un effet boule de neige.

PINTEREST FAIT UN PARI AUDACIEUX POUR LA DIVERSITÉ

pinterest

Pinterest a pour ambition de s’imposer comme le fer de lance de la diversité dans les entreprises high-tech de la Silicon Valley. Les médias américains sont dithyrambiques et espèrent que le programme audacieux dévoilé par Pinterest va faire des émules chez Facebook et consorts.

Au cœur du problème, une culture globalement discriminante au sein de ces entreprises, dont la majorité des employés est très largement soit blanche, soit asiatique. De plus, les hommes sont surreprésentés, notamment dans les postes à haute responsabilité. Les derniers rapports sur le sujet rendus publics par Twitter, Facebook ou encore Google n’ont pas fait état de progression significative.

Pinterest veut donc prendre le taureau par les cornes, et promouvoir en priorité les femmes et les minorités sous-représentées dans ses rangs. Comment ? En imposant des quotas lors des entretiens, en créant un labo interne chargé de travailler sur cette problématique ou encore en proposant des ateliers permettant de faire évoluer les mentalités. Mais la clé de la réussite, selon les observateurs, ce sont bien les objectifs chiffrés sur lesquels Pinterest s’est engagé. Une manière pour l’entreprise de passer des paroles aux actes.

On peut espérer que les autres suivront, notamment Twitter. Le patron du site, Jack Dorsey, a récemment déclaré en off être favorable à l’instauration de tels objectifs. Facebook a, pour sa part, récemment mis en place une règle imposant au moins un candidat issu des minorités lors des processus d’embauche. Il y a fort à parier que les résultats de ces politiques seront scrutés de près. On ne plaisante pas avec le tandem diversité/discrimination aux États-Unis, car les entreprises récalcitrantes sont régulièrement attaquées en justice (et condamnées) par des particuliers s’estimant lésés.

 

LINKEDIN PAIE CHER SES INVESTISSEMENTS

linkedinEn fin de semaine dernière, c’était au tour de LinkedIn de publier ses résultats trimestriels. En dépit d’un chiffre d’affaires record en hausse de 33% (à 711 millions de dollars), l’entreprise a fait état d’une perte de 67,5 millions de dollars, contre 1 million au deuxième trimestre 2014.

LinkedIn semble souffrir du « syndrôme Facebook », c’est-à-dire de ses investissements massifs qui ont pour effet d’éroder la rentabilité. 261 millions de dollars ont ainsi été dépensés pour les activités commerciales/marketing tandis que la R&D en engloutissait 190 millions. Résultat : même si LinkedIn a dépassé les attentes des analystes financiers, les marchés ont réagi plutôt négativement, faisant plonger l’action de 15% dans les heures suivant la publication des résultats.

Pourtant, les investissements consentis par LinkedIn sont censés soutenir sa croissance internationale, et donc mener à de plus larges revenus à long-terme. En Chine, LinkedIn revendique désormais 10 millions d’utilisateurs, ce qui en fait son deuxième marché mondial. C’est toujours à la maison que le site fait le plus recette, avec une progression du chiffre d’affaires de 40% d’une année sur l’autre aux Etats-Unis. L’Europe s’avère moins dynamique, avec une hausse du chiffre d’affaires de seulement 25%.

En ligne de mire pour LinkedIn, il y a la transformation en un réseau social à part entière aux yeux de ses utilisateurs, encouragés ces derniers mois à passer davantage de temps sur le site par le déploiement tous azimuts de nouvelles fonctionnalités. Un pari audacieux qui est pourtant loin d’être gagné : une enquête de satisfaction réalisée par l’American Customer Satisfaction Index révélait récemment que LinkedIn arrivait bon dernier des réseaux sociaux, les utilisateurs « premium » ayant particulièrement mal noté le site. Incidemment, ces abonnements payants ont reculé de 1 point au second trimestre, ne représentant plus que 18% du chiffre d’affaires.

SNAPCHAT VA FAIRE SONNER LE TIROIR-CAISSE

snapchatChez Snapchat, le train de la monétisation a tout du TGV. D’après le site spécialisé Re/Code, l’entreprise d’Evan Spiegel pourrait engranger cette année 50 millions de chiffre d’affaires, seulement un an après le lancement de ses premiers produits payants. En 2016, ce chiffre d’affaires devrait tout bonnement quadrupler et atteindre 200 millions de dollars, à la faveur de la campagne présidentielle américaine dans laquelle le réseau social entend jouer un rôle central. Snapchat a d’ailleurs déjà recruté des journalistes spécialisés pour couvrir l’évènement et proposer des contenus originaux.

Le business model de Snapchat, qui n’a pas encore complètement convaincu, doit être renforcé, alors que l’entreprise envisage une prochaine entrée en bourse. Il faudra aussi recruter un directeur financier aux épaules solides. Le poste hautement stratégique, déclaré publiquement vacant depuis la fin 2014, n’a toujours pas trouvé preneur. Compte tenu de la forte pression et des responsabilités qui vont incomber au candidat, on comprend qu’Evan Spiegel prenne son temps, et « place la barre très haut », comme le précise bien Re/Code.

Du côté des éditeurs qui ont déjà conclu des partenariats avec Snapchat, on cherche encore (un peu) la marche à suivre et les spécialistes de l’application sont très demandés. La pionnière de l’info, CNN, a déjà sa propre équipe dédiée à Snapchat, avec pour mission de produire les contenus les plus en adéquation avec le public ET l’ergonomie de l’application (notamment ses vidéos verticales). Même effort louable du côté du Daily Mail et du National Geographic, qui font le pari d’un contenu sur mesure plutôt que du copié-collé basique. Et ce, même si le retour sur investissement est encore loin d’être avéré…

Emilie-Lhoste-V1-2

 

 

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