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Social Week Report – 28 août

28 août 2015 Social Week Report 0 Écrit par elhoste

Cette semaine, le Social Week Report répond à des questions cruciales : le droit à l’oubli s’applique-t-il aux tweets ? Qui sont les épingleurs de Pinterest ? Twitter fait-il le bon choix en misant sur les people ? Et enfin, qui sera le nouveau directeur financier de Snapchat ?

LE DROIT À L’OUBLI DOIT-IL S’APPLIQUER AUX TWEETS DES POLITIQUES ?

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La question, de portée quasi philosophique, est de tous les débats, alors que Twitter a annoncé en début de semaine avoir bloqué l’accès aux tweets supprimés par les personnalités politiques.

Petit rappel des faits : jusqu’à dimanche dernier, Twitter tolérait qu’une de ses interfaces de développement soit utilisée pour la récupération de ces tweets supprimés par les comptes de personnalités. C’est ainsi que Politwoops recensait sur son site toutes les gaffes et autres bévues commises sur le réseau social. Mais cette tolérance a pris fin cette semaine, Twitter arguant que « la suppression d’un tweet fait partie de la liberté d’expression d’un utilisateur ».

Les réactions des médias sont bien moins consensuelles, ces derniers estimant dans leur grande majorité que la décision de Twitter répond avant tout à une logique commerciale. Le Figaro souligne à cet égard que les politiques sont de bons clients pour le réseau social, qu’ils utilisent en masse pour diffuser des messages repris partout dans le monde. S’agirait-il pour Twitter de choyer les politiques, alors, qu’aux États-Unis, la campagne présidentielle de 2016 promet de mettre les réseaux sociaux au centre du jeu ?

C’est en tout cas la conclusion tirée par de nombreux commentateurs et journalistes, qui jugent, à l’instar de l’Open State Foundation – l’organisation pour la transparence et le libre accès aux données publiques en ligne à l’origine de Politwoops – que les propos des hommes et femmes politiques doivent rester dans l’espace public.

Outre-Atlantique, on n’hésite pas à critiquer vertement l’hypocrisie présumée de Twitter, qui a souvent érigé la transparence et la liberté d’expression en grands principes fondateurs, avant de légitimer une entorse à ces beaux préceptes dans le seul intérêt du plus petit nombre. Si les journalistes, grands utilisateurs de Politwoops, ne sont pas tendres, Le Point relativise un peu l’impact IRL de la « petite manœuvre ». Les tweets que les comptes populaires suppriment sont largement copiés et retweetés dans la seconde par des utilisateurs aussi vigilants que réactifs. Tout porte donc à croire que l’accès aux captures d’écran des messages supprimés restera très facile, avec ou sans Politwoops. Le droit à l’oubli, ce n’est pas pour aujourd’hui.

ON EN PARLE AUSSI

Twitter courtise les célébrités

Blue RoomTwitter a annoncé la création d’un espace dédié aux célébrités au sein de ses bureaux parisiens. Le Figaro nous raconte que cette « Blue Room » est une pièce d’une vingtaine de mètres carrés, équipée d’écrans, de caméras et de micros. Les people qui seront invités à prendre possession des lieux pourront ainsi se filmer en direct grâce à Periscope, enregistrer des vidéos courtes grâce à Vine, ou plus simplement tweeter avec leurs followers. Tout le contenu produit sera diffusé sur le compte Twitter de la personnalité en question. Ce n’est pas exactement une grande première, puisque le concept a été testé, avec succès semble-t-il, en Australie. Twitter France annonce d’ores et déjà la venue, le 3 septembre, de David Guetta, qui sera la première star à se prêter à cet exercice d’enfermement volontaire. Outre les aficionados, le réseau social espère convaincre de nouvelles célébrités et des décideurs à se convertir au tweet. Mais cette stratégie ne viendra-t-elle pas dans le même temps renforcer l’image un brin élitiste de Twitter ? En effet, quand 97% des membres du gouvernement ont leur propre compte, Twitter peine toujours à élargir sa base d’utilisateurs, et demeure complexe pour une partie du grand public. Cette initiative qui, à n’en pas douter, donnera la part belle à l’autopromotion est-elle vraiment de nature à changer la donne et à faire de Twitter un réseau proprement populaire ?

On en sait plus sur les épingleurs…

PinterestUne étude très chiffrée d’Ahalogy et passée en revue par Viuz en dévoile beaucoup sur les habitudes des utilisateurs américains de Pinterest. Comme annoncé à plusieurs reprises ces derniers mois, la masculinisation des utilisateurs se confirme ! Le réseau, qui cherche toujours à se débarrasser d’une image exclusivement « féminine », enregistre une hausse de 75% sur le segment masculin. Une bonne nouvelle à nuancer puisque les femmes représentent toujours 82% des utilisateurs (en baisse de 5%). Mais c’est le lien entre les achats réels et l’utilisation de Pinterest qui retient tout particulièrement l’attention. En effet, 73% des épingleurs actifs (au moins un « pin » par mois) et 84% des épingleurs quotidiens ont acheté une nouveauté découverte sur Pinterest. De même, 67% des épingleurs actifs et 86% des épingleurs quotidiens ont accédé à Pinterest pendant leur activité de shopping pour acheter un objet ou un service. Ces statistiques semblent confirmer le statut à part de Pinterest parmi les réseaux sociaux, d’autant que 40% des épingleurs actifs déclarent avoir déjà réalisé un achat par le biais des Promoted Pins, ces épingles achetées par les marques. Et en matière de e-commerce, la population féminine de Pinterest s’avère un atout de poids pour l’entreprise et ses marques partenaires. Une étude récente proposée par le Pew Research Center vient encore renforcer cette impression de vigueur, en identifiant Pinterest comme le réseau à plus forte croissance aux États-Unis, alors que Facebook semble pour sa part avoir atteint un plateau.

Snapchat choisit son directeur financier chez Mattel

SnapchatEvan Spiegel a finalement arrêté son choix. Snapchat est en passe de nommer un nouveau directeur financier, en la personne de Drew Vollero, un ancien haut dirigeant chez Mattel, la maison-mère de Barbie. Les médias américains jugent ce choix plutôt surprenant, alors que les réseaux sociaux et autres entreprises de technologie américaines se sont fait une spécialité de débaucher chez les concurrents, ou encore, à l’image de Google, chez les grandes noms de Wall Street. On imagine que Drew Vollero a tout de même les compétences requises pour mener à bien sa mission chez Snapchat, puisque la recherche du candidat idéal aura duré pas moins d’un an et demi. Pour l’instant, Drew Vollero n’a pas été officiellement nommé directeur financier de manière pérenne, mais un porte-parole a indiqué au Wall Street Journal que l’entreprise avait « toutes les raisons de croire » qu’il occuperait le poste durablement. Au programme pour Drew Vollero : la très attendue et cruciale entrée en Bourse de Snapchat – toujours en attente d’un calendrier – et l’accélération de la stratégie de monétisation, notamment par le développement du service d’actualités « Discover », qui vient de voir trois nouveaux éditeurs rejoindre la plateforme.

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