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Journaux télévisés : quelle évolution dans la place de l’information ?

8 octobre 2015 Sans catégorie 0 Écrit par admin

Mercato des présentateurs, nouvelles formules, lignes éditoriales repensées… Depuis plus de 65 ans, les JT s’attachent à retranscrire l’actualité dans leur fond et dans leur forme. A l’heure de la multiplication des sources d’information, comment ces grands rendez-vous de l’information se sont-ils adaptés ?

A l’occasion du débat consacré à L’évolution des JT organisé par le Press Club de France et Information Presse & Communication le 25 septembre dernier, les experts Kantar Media ont étudié l’impact des journaux télévisés dans l’information transmise aux Français. Et le résultat est sans appel : la multiplication des médias, la diversité des formats et la force du contexte jouent un rôle prépondérant dans la place donnée à une information dans un JT (choix de diffusion, place dans la programmation et la tranche horaire…).

Au travers de l’indice UBM – outil de mesure de l’impact médiatique d’un sujet*, basé ici sur des temps forts de l’actualité de 2015 -trois tendances semblent se dégager :

Le JT comme principal vecteur de communication

Certains sujets ont encore la capacité de mobiliser l’intérêt de l’ensemble des français. Le JT, rituel télévisuel bénéficiant d’une large audience, constitue alors un canal d’information prioritaire. C’est le cas du Salon de l’Agriculture qui enregistre près de 70% de l’impact de ses retombées médias en TV dont les deux tiers au sein de journaux télévisés. Des chaînes telles que TF1 n’hésitent pas, en effet à faire la part belle à cet événement, mini-reportages à l’appui. Ce salon a également la particularité de bénéficier d’un suivi fidèle de la part des décrochages TV régionaux. Comparativement les autres canaux pèsent moins.

Le JT au cœur de stratégies cross-médias

Il existe également des informations où tous les types de médias – presse, radio, TV, web et médias sociaux – jouent leur rôle de façon homogène. L’arrivée du Tour de France dispose ainsi d’un impact relativement équilibré d’un type de source à l’autre. Il s’agit d’un évènement grand public dont la portée fédératrice recueille une couverture plurimédia qui dépasse le cadre parisien de l’arrivée. Plus de la moitié de l’impact en presse écrite provient des supports régionaux. Twitter mobilise simultanément les comptes des médias mainstream, les comptes spécialisés, ceux des organisateurs, des sponsors et des passionnés dans un élan qui génère plus du tiers du bruit media final.

Le JT comme canal secondaire

Certaines actualités ont également la particularité de ne pas être couvertes en priorité par les journaux télévisés. C’est le cas de l’ouverture du Festival de Cannes qui bénéficie surtout d’une forte contribution de la presse magazine à annoncer l’évènement, notamment via des dossiers axés à la fois sur les films et les people. L’impact de l’ouverture du Festival sur les Français de 15 ans et plus se fait ainsi à plus 45% par la presse (contre 19% par la TV, dont un sixième de cet impact directement lié aux JT).

Au-delà de ces sujets suscitant un intérêt modéré des médias télévisés, on notera que le traitement et l’influence d’une information dans les JT peut aussi varier en fonction de l’actualité du moment. En mars dernier, le crash de la Germanwings, la fusillade au musée du Bardo à Tunis et les élections départementales ont quasi-simultanément bénéficié d’une forte reprise dans les journaux télévisés. Ces actualités ont éclipsé le traitement médiatique d’autres sujets tels que la grève au sein de Radio France : au final, cet événement a bénéficié d’une couverture assez faible dans les JT (31 UBM en deux semaines). La télé ne représente que 14 % de la médiatisation globale de ce sujet, ce qui est peu fréquent pour une « crise ». De même, la première mention du sujet au sein d’un JT (le 1er avril, au 20h de TF1) a eu lieu quinze jours après le début de la grève. Un délai qui contraste avec Twitter, media ayant le plus commenté la situation, sans discontinuer, pendant 28 jours, avec notamment de nombreux live-tweets postés par les journalistes impliqués dans le conflit. En somme, de l’information en temps réel.

*Unité de Bruit Médiatique (UBM) : indicateur d’impact médiatique, 1 UBM correspond à 1% de la population française potentiellement exposée à une page ou une minute d’information sur un sujet dans les médias. L’UBM 360 intègre la mesure de l’impact des médias sociaux à celle des médias « traditionnels » Presse écrite, Radio, TV et médias online. L’analyse des médias sociaux est effectuée sur la base d’un corpus ouvert des conversations en langue française sur Twitter, Facebook, Sites de vidéos et de photos, Blogs.En partenariat avec AT Internet et Médiamétrie.

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