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Social Week Report – 27 novembre

27 novembre 2015 Social Week Report 0 Écrit par elhoste

Cette semaine, les éditeurs français entament un partenariat très attendu avec Facebook. Contraints et forcés ? Le Social Week Report revient sur les enjeux de cette évolution majeure. Pleins feux aussi sur Mark Zuckerberg, qui fait une annonce surprenante, et sur les nouveaux abonnés des réseaux sociaux, deux semaines après les attentats de Paris.

DES ÉDITEURS FRANÇAIS SE LANCENT SUR FACEBOOK

« Instant Articles » en France, c’est parti ! En date du mercredi 25 novembre, les utilisateurs de Facebook pourront expérimenter cette nouvelle fonctionnalité, lancée à la rentrée aux États-Unis. Si vous ne voyez peut-être pas encore ce dont il s’agit, il y a fort à parier que vous ferez vite la différence. Grâce à « Instant Articles », les articles que vous souhaitez lire depuis Facebook s’afficheront quasi-instantanément et surtout dans un format adapté aux smartphones. Autre avantage de taille côté confort de lecture, les articles ont un aspect harmonisé, très épuré et suivant la même typographie. Enfin, la publicité y est très encadrée et nettement moins envahissante.

C’est Le Parisien qui se jette dans le grand bain en premier. Le quotidien sera suivi de près par 20 Minutes, Paris Match, le site Démotivateur et le groupe Les Échos. Aux États-Unis, les partenaires prestigieux comprennent déjà le New York Times ou encore National Geographic. Malgré la présence de ces grands noms, le débat sur « Instant Articles » n’est pas tout à fait clos. En effet, certains médias, dont Le Monde en France, estiment qu’ « Instant Articles » joue uniquement en la faveur de Facebook. En effet, les internautes restent sur le site du réseau social, plutôt que de basculer sur les sites des éditeurs de contenus, qui proposent éventuellement des abonnements payants.

La réflexion inverse consiste à voir dans cette fonctionnalité la possibilité de toucher un public plus jeune, qui a pris l’habitude de s’informer quasi-exclusivement sur les réseaux sociaux. « C’est l’occasion de faire découvrir le contenu d’un journal à des gens qui ne le lisent pas, de toucher les jeunes qui ont une lecture éclatée des titres d’information », argumente ainsi Francis Morel, PDG du groupe Les Échos. « Le pari, c’est que les jeunes aillent plus tard vers nos journaux », ajoute-t-il.

Quid des revenus publicitaires générés sur « Instant Articles » ? Le deal proposé par Facebook se veut accommodant : si l’éditeur possède sa propre régie et commercialise les publicités présentes sur « Instant Articles », il empochera l’intégralité des revenus publicitaires ; s’il en délègue la gestion à Facebook, celui-ci prendra une commission de 30%.

Il est trop tôt pour savoir si cette formule permettra aux éditeurs de retomber sur leurs pieds et de s’attirer de nouveaux lecteurs. Mais après quelques mois de service aux États-Unis, certains ont déjà confié leur déception : les revenus engrangés par le biais d’ « Instant Articles » seraient pour le moment bien moindres à ceux générés via leur propre site web.

MÉDIAS ET INSTITUTIONS TRÈS SUIVIS PENDANT LES ATTENTATS DE PARIS

prayLes internautes ont afflué en masse vers les comptes officiels des institutions et des grands médias sur les réseaux sociaux pour s’informer pendant les attentats de Paris. L’explication tient principalement à l’instantanéité des informations relayées sur ces différents comptes pendant cette période de crise. En tout, institutions et grands médias auraient engrangé un lectorat supplémentaire de l’ordre de 1,5 millions d’abonnés, selon les chiffres fournis par Twitter France.

C’est la Préfecture de Police de Paris qui a connu l’afflux le plus important, avec presque 200 000 abonnés supplémentaires en une semaine (dont 150 000 lors des premières 48 heures). Viennent ensuite les comptes de la Ville de Paris (+ 120 000), de François Hollande (+ 95 000), de la Police nationale (+ 87 000), de l’Élysée (+ 50 000), du ministère de l’Intérieur (+ 46 000), de Manuel Valls (+ 40 000) et du gouvernement (+ 38.000).

Côté médias, c’est Le Monde qui fait la course en tête, avec 105 000 nouveaux abonnés. Suivent l’AFP (+ 97 000), BFMTV (+ 89 000), iTÉLÉ (+ 63 000), Le Figaro (+ 51 000), Europe 1 (+ 47 000), Libération (+ 46 000), France Info (+ 41 000) et Le Parisien (+ 35 000). Une progression un peu aidée par Twitter lui-même, le réseau social ayant suggéré directement à ses abonnés de suivre des comptes officiels, garants d’une information plus fiable.

Sur un plan plus émotionnel, on retiendra aussi que les réseaux sociaux ont fait office de « chapelle ardente virtuelle » pendant et surtout après les événements, comme le relève Le Monde. Pour le sociologue Benjamin Loveluck, il s’est joué sur les réseaux « une forme de compassion et de solidarité ». Dans cette perspective, le like est « une main sur l’épaule virtuelle », alors que la prise de parole collective était rendue impossible par l’interdiction des manifestations et des rassemblements.

Cet élan mondial de compassion s’est notamment cristallisé sous la forme du hashtag #PrayforParis, dont la popularité a dépassé de loin celle du mot d’ordre de janvier « JeSuisCharlie ». Quand ce dernier avait généré 6,3 millions de retweets en 5 jours, #PrayforParis a bénéficié de 6,7 millions de retweets, en 10 heures seulement.

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zuckCongé paternité : Zuckerberg donne l’exemple

On le sait, les faits et gestes de Mark Zuckerberg sont scrutés par le monde entier, qu’il s’agisse de temps de travail ou de ses livres préférés. Cette fois, le dirigeant du réseau social explique qu’il s’absentera bientôt deux mois pour cause de… congé paternité. Mark Zuckerberg, qui avait déjà annoncé attendre un heureux événement avec sa femme Priscilla Chan, fait grand bruit en anticipant une absence prolongée, peu usuelle aux États-Unis comme en France. En jeu, pas seulement le bonheur du futur poupon. Cette décision, au retentissement mondial, braque aussi les projecteurs sur une pratique encore peu fréquente et peu encouragée dans les entreprises. Sauf chez Facebook bien-sûr. Dans son post, Mark Zuckerberg ne manque pas de préciser que l’entreprise offre à ses employés américains « jusqu’à quatre mois de congés maternité ou paternité rémunérés qui peuvent être répartis durant l’année ». Les dirigeants et employés du monde entier suivront-ils la voie tracée par Zuckerberg ? Une étude norvégienne estime en tout cas que ce type de décision a un impact réel sur les collaborateurs. Le potentiel d’influence est encore 2,5 plus fort lorsqu’il s’agit d’un haut dirigeant.

Emilie-Lhoste-V1-2

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